Des capteurs intelligents pour détecter et analyser les chutes des personnes âgées

Les chutes représentent l’un des motifs d’hospitalisation les plus fréquents chez les personnes âgées et sont la première cause de mortalité chez les plus de 65 ans. Il est donc essentiel de pouvoir détecter toute chute et en évaluer la gravité le plus vite possible. Un nouveau système, basé sur la technologie radar, est actuellement en cours de développement dans une université américaine et pourrait offrir une solution mieux adaptée que les services existants. 

La proportion de seniors dans les populations de nombreux pays occidentaux est appelée à augmenter fortement dans les années à venir. Se pose alors la question du maintien à domicile, l’enjeu étant de sécuriser ce maintien pour des personnes souvent isolées et d’une santé parfois fragile. La détection des chutes est un des axes majeurs sur lequel travaillent de nombreux chercheurs.

Le Dr Moeness Amin, directeur du Center for Advanced Communications de l’Université de Villanova en Pennsylvanie, est un expert en imagerie radar. Ses recherches se sont concentrées sur les applications en matière de détection de mouvements (notamment à des fins militaires ou au service des forces de police), qu’il veut maintenant mettre à profit pour la détection des chutes à domicile.

Selon lui, la technologie radar est mieux adaptée que les solutions existantes :

  • pas d’image directe, contrairement aux caméras qui, placées dans toutes les pièces de la maison, sont souvent jugées trop invasives et rejetées ;
  • pas de capteurs à porter sur soi en permanence, souvent source d’oubli et jugés peu confortables à porter, et par conséquent délaissés.

Les capteurs de mouvements radar peuvent traverser les murs, détecter les mouvements, les identifier et les localiser. Le système reste donc très discret, même si plusieurs capteurs peuvent être nécessaires dans une maison en fonction de la nature des murs. Ces capteurs émettent des fréquences, qui sont renvoyées de manière différente en fonction du mouvement de la personne. Des algorithmes permettent alors d’identifier la nature du mouvement et de déterminer s’il s’agit d’une chute ou non, pour déclencher le cas échéant une alerte.

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Mais le Dr Amin veut aller plus loin : il cherche à créer un système capable d’apprendre et de modéliser la façon de se déplacer d’une personne en particulier, sa « signature » de fréquence Doppler, pour obtenir des résultats plus fiables et plus précis. En effet, une personne avec une canne ou un déambulateur ne se déplace pas – et ne tombe pas – de la même manière qu’une personne qui n’en utilise pas. Un algorithme enregistrerait toutes les habitudes d’une personne pour ensuite mieux identifier et qualifier une chute.

Il serait également possible de savoir s’il s’agit de la chute d’une personne qui trébuche ou de la chute d’une personne victime d’un infarctus, la « signature » de fréquence Doppler n’étant pas la même. Comme dans les systèmes existants, lorsqu’une chute est détectée, qualifiée et localisée, une alerte est envoyée à un contact pré-enregistré pour porter secours à la personne en difficulté, les informations envoyées permettant d’arriver mieux préparé.

Des tests sont aujourd’hui en cours à l’Université  de Villanova pour affiner l’algorithme, qui devrait être opérationnel fin 2014. La question reste de savoir comment sera reçu ce nouveau système, et si les personnes âgées seront prêtes à installer un radar chez eux.

Source : The Atlantic

En complément : un dossier du Figaro Santé sur les chutes des personnes âgées en France

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